Est-ce que Google suit les liens en données structurées ?

par | 13/06/2121

Si vous avez déjà rédigé de spécifications techniques de données structurées, vous avez probablement déjà conçu la nécessité de faire des liens dans ces données. Et vous vous êtes peut-être demandé comme moi si ces liens sont vraiment lus et interprétés par Google. La réponse est oui.

Comment établir un lien en données structurées ?

Il y a une multitude de propriétés permettant d’établir un URI (= un identifiant unique déclarant la localisation d’une ressource) dans le vocabulaire de Schema.org, beaucoup trop pour les citer et tester toutes : mais puisque tous les objets (en anglais item) ont des propriétés génériques héritées de leurs parents en plus de leurs propriétés spécifiques, il suffit d’étudier les propriétés des objets de haut niveau.

L’objet le plus générique est sans surprise Thing (cela veut dire chose), duquel tous les autres héritent les propriétés.

Voila une exemple de chose (réalité concrète ou abstraite perçue ou concevable comme un objet unique) :

D’après le vocabulaire de Schema.org, tout objet est initialement une chose, vous et moi compris puisque l’objet Person est une sous-catégorie de chose.

Et comme tout le monde, vous et moi et le lama au poil ras, nous avons des propriétés :

  • Un nom
  • Une description
  • Une image
  • etc.

Pour ceux qui veulent consulter la liste complète, c’est par ici.

Parmi ces propriétés, certaines acceptent pour valeur un objet de type URL :

  • Identifier
  • Image
  • MainEntityOfPage
  • SameAs
  • URL

Vous pouvez donc insérer une URL dans chacune de ces propriétés, mais seule la propriété url permet de définir l’URL de l’objet lui-même, toutes les autres propriétés établissent des relations.

Voilà ce que la documentation de Schema.org dit de la propriété URL (traduction maison alors pardon my french) :

Certaines pages sont à propos d’un objet spécifique. Par exemple, vous pouvez avoir une page à propos d’une seule personne, que vous pourrez marquer en utilisant le type « Persone ». D’autres pages ont une collection d’objets qu’elles définissent. Par exemple, le site de votre boite pourrait avoir une page listant les employés, avec un lien vers le profile de chaque personne. Pour des pages comme celles-ci, listant une collection d’objets, vous devez marquer chaque objet séparément (dans cet exemple, une série de personnes) et ajouter une propriété URL vers la page correspondant à chaque objet. – Schema.org

Donc si vous avez une page qui liste des objets qui font par ailleurs l’objet d’une page les concernant, vous pouvez établir l’équivalent d’un lien en données structurées pour pointer vers lesdites pages grâce à la propriété url.

C’est un cas pratique très courant que j’ai rencontré notamment avec plusieurs clients (un exemple ici).

Bref, vous l’aurez compris, c’est donc tout naturellement avec la propriété url que j’ai réalisé mon test.

Tester si les URLs déclarées en données structurées sont explorées par Google

Vous avez entendu parler de la tyranomaquie ?

C’est un néologisme de notre cru, construit similairement à d’autres termes comme gigantomachie ou titanomachie que les amoureux de la grèce antique et lecteurs d’Hésiode connaissent sans doute.

J’ai volontairement opté pour un « q » à la place du « ch » parce que Google, le petit malin, est convaincu que la requête « tyranomachie » provient d’une confusion avec la titanomachie.

Bref : avant mon article fondateur de la discipline, il n’y avait aucun résultat Google pour la requête « tyranomaquie ».

Ce brillant article en HTML pur n’a joui d’aucun lien, ni dans le sitemap de mon site web ni dans le HTML des autres pages. Il a eu pour seule référence une donnée structurée Product en JSON-LD sur cet article qui traite du PageRank :

{
  "@context" : "http://schema.org",
  "@type" : "Product",
  "name" : "Les chemins de la tyrannie : mise à mort du tyran",
  "description" : "La tyranomaquie correspond à la mise à mort d'un tyran",
  "url" : "https://attractys.fr/tyranomaquie.html",
  "offers" : {
    "@type" : "Offer",
    "price" : "15"
  },
  "aggregateRating" : {
    "@type" : "AggregateRating",
    "ratingValue" : "4",
    "bestRating" : "5",
    "worstRating" : "2",
    "ratingCount" : "21"
  }
}

Vous pouvez donc mettre à mort un tyran pour 15€ (même si la monnaie n’est pas précisée, erreur de ma part) et c’est globalement une expérience plaisante (note moyenne de 4/5 pour 21 avis). 👌

Google aurait pu trembler, compte tenu de sa position dominante sur de nombreux marchés qui aurait pu l’apparenter à un despote… mais la firme de Mountain View, téméraire, a pourtant choisi de suivre le lien et indexer la page en l’espace de 4-5 jours.

La réponse à la question est donc oui : Google suit les liens en données structurées à travers la propriété URL.

Notons tout de même qu’en réalité, ce n’est pas vraiment un lien, ou du moins pas un hyperlien… on se contente de référencer la localisation d’une ressource, l’équivalence n’est pas évidente et les conclusions qu’on peut tirer de cette information sont strictement hypothétiques.

Conclusion : que fait-on de cette information ?

Ce que vous voulez ! Mais rappelez-vous que le cloaking est globalement interdit par Google, et c’est une interdiction qui est spécifiquement répétée pour le cas des données structurées :

Ne balisez pas le contenu non visible pour les lecteurs de la page. Par exemple, si le balisage JSON-LD décrit un artiste, cet artiste doit également être décrit dans le corps HTML.

Ne balisez pas un contenu non pertinent ou trompeur, tel que de faux avis ou un contenu sans rapport avec l’objet d’une page.

Google – Consignes générales relatives aux données structrurées

Vous êtes prévenu.

Pour ma part voilà ce que je retiens de tout ça : Google consulte ces URLs. Et bien qu’elles ne soient pas des liens à proprement parler, elles ont :

  • Un contexte thématique et sémantique (toutes les propriétés de l’objet décrit : description, image, prix etc.)
  • Un émetteur
  • Un destinataire

Vous conviendriez donc qu’il y a suffisamment d’éléments pour penser que ce genre de pseudo-liens puisse rentrer dans le calcul algorithmique de la popularité d’une page… ou l’identification de sa thématique forte.

Bref en un mot, que l’on peut optimiser ces données structurées comme on optimiserait des ancres, et peut-être même les utiliser pour faire l’équivalent de ce qu’on appelle, de manière quelque peut désuète, du PageRank Sculpting.

A noter que j’ai réalisé le même test avec la propriété @id mais sans succès, comme je m’y attendais.

Si vous avez fait d’autres tests de votre côté, ou vous avez un autre point de vue à partager, écrivez-moi dans les commentaires !

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